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AVANT-PREMIÈRE : FISH TANK



L'ayant raté à Cannes et constatant l'enthousiasme général qu'il y avait provoqué, je regrettais bien de devoir attendre sa sortie (16 septembre) pour pouvoir le commenter. Comme par miracle, une deuxième chance me fut offerte par le biais du Festival Paris cinéma (encore et toujours) que je m'empressais de saisir. C'est donc avec soulagement que j'allais à la séance très convoitée de l'un des deux prix du jury cannois 2009.

L'histoire, dramatique, est celle d'une ado de la banlieue anglaise qui est en perpétuel affrontement avec le reste du monde. À travers épreuves et déboires, elle apprend peu à peu la dureté de la vie dans ce monde cruel, où la vulgarité est monnaie courante chez les grands comme chez les petits, et où l'enfant, livré à lui-même n'a que la dureté pour se former, pour exister.
Le cinéma anglais nous a habitués au réalisme dur de l'adolescence avec des films comme Sweet Sixteen de Ken Loach ou This is England de Shane Meadows, qui nous montrent, chacun de manière aussi forte, l'épreuve qu'endure le jeune dans un tel système. Un sujet connu, certes, mais toujours aussi bien maîtrisé et avec autant d'intérêt.


En premier lieu, la réalisation très réussie Andréa Arnold qui retranscrit, à travers plans et angles, parfaitement l'état d'esprit qui inspire sûrement la jeune Mia, très bien incarnée par Katie Jarvis, qui a 15 ans et qui subit une crise l'attaquant en tout points. Ses amies, l'école, sa mère (Kierston Wareing), tout va mal. C'est alors qu'arrive Connor (le très bon Michael Fassbender que l'on a pu voir dans Hunger ou dans le prochain Quentin Tarantino, Inglourious Basterds), le copain de sa mère plus jeune qu'elle. Mia tombe sous le charme. Encore une fois, elle doit subir la rivalité avec sa mère, au tempérament très jeune. L'homme fait preuve de séduction envers Mia, ou du moins le croit-elle. À travers ça, la naïveté et l'espoir, la rivalité.
Alors une première réserve m'apparaît. Elle ne concerne pas les acteurs qui sont parfait, mais l'histoire. Cette jeune Mia semble presque persécutée par le destin, comme si une fatalité la manœuvrait. Cette impression m'a enlevé au goût de réalisme voulu par le film une certaine saveur.
Mis à part cela, la musique est très bien maîtrisée ce qui aide énormément à se laisser émouvoir par cette petite.

En bref, le réalisme dur et brut à l'anglaise sur l'adolescence, lucide mais un peu trop dramatique. Bien interprété et bien réalisé. Rien à redire

 
Fish Tank - ma note pour ce film :

Année de production : 2009
J'AI TUÉ MA MÈRE - Sortie de la semaine



Xavier Dolan, à 20 ans seulement, signe ici une très bonne réflexion sur l’adolescence, tout en réalisant ce qui se révèle plus être un apprentissage cinématographique.
Quoiqu'un peu caricatural, le terme est très pertinent et reflète bien, dans l’histoire de cet adolescent qui déteste sa mère, certains problèmes actuels de ce que l’on appelle “la crise d’adolescence”.
Cet adolescent dans son rejet, car c’en est un, exagère tout les défauts et manies de sa mère, à tort ou à raison d’ailleurs et provoque le défi pour pouvoir s’éloigner de cette personne qui lui inspire tant d’effroi. C’est l’un des problèmes des familles monoparentales, quand l’autre parent est vraiment absent. On regrette l’enfance heureuse en blâmant l’un des parents. Peut-être les deux.
Le souvenir est d’autant plus difficile que, ayant été le premier spectateur à son évolution et à la perte de son innocence et de la pureté de l’enfance, ce jeune sait pertinemment que cette époque bénie ne peux pas revenir, et la regrette avec rage.
Extériorisant le sentiment de culpabilité rageuse sur sa mère, il en fait la cause principale de l’ennui de sa vie (car à trop vivre dans les souvenirs, le présent est oublié à en devenir ennuyant) et provoque ce conflit récurrent à toutes les familles. Beaucoup des thèmes habituels ressortent : la manipulation sentimentale à laquelle se livre la mère, puis le jeune, la culpabilisation, le sentiment d’indifférence.

Tout ces sujets utilisés avec les personnes importantes de notre vie, tout ça, tout ce discours est très intéressant et sans aucun doute le grand point fort du film.

Cependant, ce film n’est pas parfait. Les allers-retours entre des scènes de dispute et de réconciliation que l’on a tous vécu ennuient certainement, même après s’être habitué à la vulgarité. De plus ces fameuses scènes sont exagérées au possible dans l’interprétation et le dialogue, et, bien que sûrement voulues pour démontrer l’absurdité et le coté burlesque de l’instant, tout ce remue-ménage fatigue rapidement.
Brouillon aussi la mise en scène, avec le passage obligatoire (objectivement, pas si utile que ça) par le journal intime filmé et certains choix de présentation.
Pour ce qui est de l’interprétation, comme je l’ai déjà dit, caricaturale, mais tout de même très convaincante et le jeune Xavier prouve, au passage, son talent pour le jeu d’acteur. La mère est très bien, très irritante, ainsi que les deux ou trois autres personnages secondaires, son enseignante et son amant. Car le jeune est aussi homosexuel, ce qui est d'une importance mineur dans le film et qui exprime sûrement un désir de réalisation de soi de la part du jeune homme.

Donc voilà, rien d’autre de spécial a signaler sur ce film. Une très belle réussite pour un premier film, une bonne maîtrise du sujet (d’autant plus que Dolan a écrit lui même le scénario, à 17 ans, dans le vif du sujet). Voilà qui permettra peut-être à parents et enfants de réfléchir avec plus de recul sur leurs relations... Ou pas.

 
J'ai tué ma mère - ma note pour ce film :
Réalisé par Xavier Dolan
Avec Xavier Dolan, Anne Dorval, Suzanne Clément, ...
Année de production : 2009
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé - Sortie de la semaine.



Harry Potter et le prince de sang-mêlé, sixième film de la saga Harry Potter comportant sept livres et dont huit films sont prévus (deux à venir). C'est le deuxième réalisé par David Yates. C'est la sixième année de Harry Potter à l'École de magie, Poudlard.

Cela fait un an que les fans attendaient, et pourtant l'engouement pour cette série, même après la parution du dernier tome, ne faiblit pas d'un poil. La Warner à su faire fonctionner le filon, la poule aux œufs d'or. Le jour de la sortie, des heures de queues, des réservations faites deux voire trois séances à l'avance. Toujours la même foule à braver pour ensuite assister à une anthologie de ce qui marche le mieux au cinéma grand public ces derniers temps. Car tel m'est apparu ce sixième volet de la saga : aux oubliettes l'esprit du livre, l'histoire, le caractère des personnages, au diable la cohérence et les liens qui rattachaient les films aux livres.
La séparation est faite par un fossé, que dis-je, un gouffre. Le film devient film à part entière, ce qui va m'amener à différencier deux parties dans mon discours.


En premier lieu, je suis un lecteur du livre. Je connais bien l'histoire et je l'apprécie. J'aime l'évolution des personnages, les choix toujours cohérents avec leurs caractères, leurs actions crédibles, etc. Tout cela, hélas, disparaît dans ce film. Pour ne citer qu'un exemple, après la scène d'ouverture nous voyons un Harry qui lit un journal magique (avec des images "vivantes", n'est-ce pas) dans un bar dit moldu (= personnes ne pouvant pratiquer la magie), au vu et au su de tous, qui drague une jolie serveuse à la manière d'un clip américain de rap et qui, pour finir, se lève, en laissant le journal sur la table et en allant saluer le professeur Dumbledore, qui l'espionne de l'autre coté du quai.
Bref, tout ça pour dire que les fans seront choqués, et les exemples tombent à la pelle. Des scènes de bataille rajoutées, d'autres enlevées (quelle idée d'enlever l'une des batailles les plus importantes pour en rajouter une autre qui n'existe pas et qui est totalement inutile ?), des réactions totalement incroyables de la part des personnages (ne voulant dérober le plaisir à ceux qui ne l'ont pas vu, je n'en dirai, hélas, pas plus) ainsi que, comme si ça ne suffisait pas, des contradictions inter-films. Saurez-vous trouver de quoi il est question?
Une foule d'éléments manquants allant du très important (les différents souvenirs de Dumbledore sur Voldemort, la grande bataille) au plus minime parsèment cette œuvre.
Donc voilà, c'est un coup dur, tout de même, en ce qui concerne cette réinterprétation de l'histoire. Mais ce point ne vaut que pour les fans, permettez-moi d'insister.

La deuxième "partie", dira-t-on, concerne le film en lui-même, techniquement parlant. Car si j'ai suffisamment répété que ma déception scénaristique ne concernait que les fans, c'est bien que le film en lui-même est plutôt réussi.
Agréables à regarder, les décors, l'univers, l'ambiance est dans l'ensemble assez bien retranscrite. Toujours un plaisir d'assister aux scènes de la vie courante de sorciers, que ce soit dans le magasin de farces et attrapes des Jumeaux Weasley ou bien dans les couloirs de l'immense Poudlard. On salue au passage le grand retour du Quiddich, plus violent et réaliste que jamais.
Ensuite, vient la performance des acteurs. Les anciens d'abord : Daniel Radcliffe fatigue par son visage figé et forcé, ses rires qui sont tout sauf naturels, ses répliques qui paraissent être récitées dans sa bouche. En clair, le courant ne passe pas.
Emma Watson, plus mignonne que jamais, incarne toujours très facilement son rôle, elle n'étonne pas, positivement ou négativement. Tout à fait crédible en Hermione, rien d'autre à signaler.
Rupert Grint, première bonne surprise du film concernant les acteurs. Complètement hilarant sous le charme d'un philtre d'amour, reproduisant très bien le rire de Ron, toujours béat. Très crédible.
Deuxième très bonne surprise, le jeune Tom Felton qui incarne Drago Malefoy, le rival de Harry. Il nous embarque totalement dans son rôle de garçon forcé à faire le mal, sous peine de représailles. Froid, distant, fragile, il correspond parfaitement au personnage du livre.
Saluons au passage les performances des professeurs Horace Slughorn, Severus Rogue, de la mangemort Bellatrix Lestrange, de la jeune écolière Luna Lovegood ainsi que du très pâle Tom Jedusor (respectivement joués par Jim Broadbent, Alan Rickman, Helena Bonham Carter, Evanna Lynch et Hero Fiennes Tiffin fils de Ralph Fiennes, qui joue lui-même Voldemort adulte).).
La scène d'ouverture, très réussie, nous montre divers attentats commis par les mangemorts, les sous-fifres de Voldemort, dans le monde moldu comme magique. Cette scène instaure immédiatement une ambiance de guerre qui est malheureusement contrebalancée par la fameuse scène de drague dans le fast-food.
Il y a donc de très bons moments et d'autres, beaucoup moins réussis. Parfois le film penche carrément du côté du Seigneur des anneaux (Dumbledore s'est définitivement transformé en Gandalf) et ça gâche un peu le plaisir.
Cependant, de manière générale, le film est amusant et on ne s'ennuie pas trop.


En conclusion : Mauvais pour les fans, bon pour le grand public. Un casting qui balance entre bonnes surprises et mauvaises interprétations. Une image agréable à voir. Une incursion réussie dans le monde magique de Harry Potter, mais malheureusement pas dans son histoire personnelle.

 
Harry Potter et le Prince de sang mêlé - ma note pour ce film :
Réalisé par David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, ...
Année de production : 2009
The Girlfriend Experience : Avant-premiere
2929 Entertainment


Le nouveau Soderbergh est arrivé en contrepoids de Che et des Ocean's. Steven avait besoin d'un retour aux sources, à l'intimiste, à l'expérimentation des plans… Steven avait un besoin de cinéma. Et voilà qui est plutôt réussi avec ce très personnel Girlfriend Experience qui nous fait partager une partie de l'emploi du temps d'une escort-girl, Chelsea, qui d'un côté essaie de gérer la partie sentimentale et sexuelle de sa vie, en mélangeant un peu client/ami et de l'autre côté booste l'économie de son image, retravaille son site internet, fait des investissements. Le tout dans le contexte des dernières élections américaines, lors du deuxième tour.
Le film revendique des sujets d'actualités : l'instabilité dûe à la crise financière, l'investissement pour protéger son argent, la maîtrise de son image, la lutte pour garder son travail. En même temps, le film parle aussi de ces emplois qui ne risquent rien tant que l'image suffit, de comment tout contrôler en plus de ses déboires sentimentaux et tout ce genre de sujets que les magazines et les campagnes ressassent.
Toute cette partie "problèmes d'actualités" n'est finalement pas ce qui est intéressant. Soderbergh en fait même un peu trop pour retranscrire la mentalité de cette époque pré-électorale.
La beauté du film réside dans le choix de l'actrice car, on ne l'a pas assez dit, choisir une actrice porno réputée (Sasha Grey) dans le milieu du sado-masochisme est un signe de courage ou de folie. Le visage carré, froid de son masque avec les clients, finit par se briser pour nous laisser entrevoir la difficulté que subit cette jeune femme. Sa fragilité émotionnelle due à un grand nombre de relations apparaît, et nous sommes touchés par elle d'une manière surprenante.
Ensuite, viennent les plans. Comme l'a dit Eric Kerven d'Allociné qui était là le soir-même pour présenter le film, chaque plan respire la passion du cinéma, l'amour que porte Soderbergh à cet art magnifique.
La tonalité est donc donnée par la mise en scène et le rythme, non linéaire, de l'emploi du temps de Chelsea qui nous transpose d'un homme à l'autre, d'une préoccupation à l'autre. D'une pensée à l'autre. Ce cadre très intime permet, au final, de faire le point sur soi et ses relations, sans pour autant se comparer, mais en relativisant.

En bref : Film touchant, très bien manié par Soderbergh et superbement incarné par Sasha Grey. Seul vrai reproche : Trop vouloir être dans l'air du temps, il en rajoute.

 
Girlfriend Experience - ma note pour ce film :
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Sasha Grey, Chris Santos, Philip Eytan, ...
Année de production : 2008
Cannes 09 : Nuits d'Ivresse Printanière (Spring Fever)


Le chinois Lou Ye est connu pour son coté subversif et la censure dont il est l'objet en Chine. Ce n'est pas la première fois qu'il arrive à Cannes avec un film interdit par son pays. Il y était interdit de tournage aussi, mais qu'importe, son film devait être tourné en Chine, pourquoi s'en aller ? La première fois, c'était avec "Une Jeunesse Chinoise", l'un des premiers films à aborder les évènements de juin 1989 (Tian'anmen) et l'un des films les plus osés, sexuellement parlant, en Chine. Maintenant Lou Ye revient, avec un autre sujet tabou : L'homosexualité. Mais à travers elle, surtout le désir que l'on subi, que l'on assume à peine, la jalousie, la sexualité.

La caméra est agitée, le vent souffle fort, deux hommes marchent, amoureux. Ainsi commence Nuits d'ivresse printanière, film provoquant qui reçut, pour le moins, une réaction mitigée de la part des festivaliers cannois (d'ailleurs plutôt mauvaise que bonne).
Pourtant, c'est un film très triste que nous avons là, qui touche à l'amour par ses multiples facettes. Pas forcement les plus agréables. Plusieurs liaisons s'entremêlent et toutes tournent autour d'un homme, le centre de gravité de cette histoire. Nous l'appellerons "l'amant" et il est joué par le très charismatique Qin Hao (qui a quelque chose de Jean-Louis Trintignant, une sorte de démarche calme et posé, un peu nonchalante). Cet homme vit pleinement sa sexualité, ou plutôt son homosexualité, peut-être même trop librement…  L'autre homme, la première conquête du film, est marié (joué par
Wei Wu) avec une jeune femme mais est follement amoureux de l'amant. Ces deux hommes vivent leur amour tranquillement, un peu de manière inégale et se voient plus ou moins en secret. Oubliant la vie quotidienne, leurs proches, le monde. Ils vivent un vrai rêve.
Mais les rêves ont une fin, tous.
La femme, comme toute les femmes, finit par s'apercevoir de l'absentéisme de son mari. Elle engage alors un détective privé (
Chen Sicheng) pour filer son mari. C'est le début de la fin, ou du moins celle de leur relation. Mais le début d'une nouvelle aussi. Le privé, découvrant le pot-au-rose, prévient, en toute honnêteté, son employeur. L'amant, ne voulant poser aucun problème s'éloigne de la vie de son homme marié. Seul, comme à son habitude.
Le détective ne pouvant pas ne pas s'émouvoir de la tragédie qui se déroule devant ses yeux ne peut s'empêcher de surveiller cet homme seul, que tout accable. Il découvre au passage la sexualité, sa sexualité, ainsi que le désir qu'il ressent, incontrôlable.

Le film mélange ainsi ces vies, et d'autres encore, comme ça arrive dans la vie quotidienne, de façon douce et cruelle à la fois. Tout autour de cet homme, l'amant, qui ne vit que par ces "nuits d'ivresse printanière", sans espoir, sans avenir, seulement le présent, l'immédiat où se mêlent la joie et la tristesse, froides, dures, infinies.

Ce qui m'a plu dans ce film, et qui a pu choquer le public cannois, c'est la représentation des scènes sexuelles. Elles sont longues, très détaillées. J'ai trouvé que, pour une fois, les relations homosexuelles n'étaient pas tournées de manières différentes mais exactement de la même manière que celles d'un couple banal, hétérosexuel du cinéma d'aujourd'hui et d'hier.
Ces scènes sont essentielles à mon goût, car elles déterminent l'intensité de l'envie, du désir qui s'évapore.

En bref : Une œuvre de toute beauté, poétique et douce, réaliste. Un trio d'acteurs superbes, avec un + pour Qin Hao pour son charisme éclatant. La mise en scène très adéquate exprime les tourments de la vie. Pour un public non-homophobes et aimant le cinéma. Et la vie aussi.

 
 
Nuits d'ivresse printanière - ma note pour ce film :
Réalisé par Lou Ye
Avec Qin Hao, Chen Sicheng, Wei Wu, ...
Année de production : 2009
The Midnight Meat Train : Avant-première
Affiche américaine. GreeneStreet Films

D'après Clive Barker, l'auteur du livre original, ce film fait par Ryuhei Kitamura (à qui l'on doit, notamment Versus, l'ultime guerrier) est la meilleure adaptation au cinéma d'un de ses livres. Et pourtant ce maître de l'horreur a lui-même adapté plusieurs de ses ouvrages.
Alors autant le dire tout de suite, je ne suis ni un spécialiste ni un adepte du genre horreur. Je trouve que, de manière générale, les films de ce genre, aujourd'hui, ne font que tourner en rond et se répète inlassablement. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas, il y a de très grands et de très fabuleux films d'horreur à mes yeux.. Mais moins de notre époque.

Le pitch en deux mots : Un photographe (joué par Bradley Cooper, que l'on a pu voir comme le beau gosse de l'hilarant Very Bad Trip) qui veut faire de son art un métier, cherche à capter l'âme de la ville. Ses recherches-promenades vont se faire de plus en plus nocturnes, jusque dans le métro. C'est alors que son objectif croisera le regard d'un mastodonte, un boucher, aux manières très distinguées (acteur que l'on connaît bien pour l'avoir vu en brute épaisse chez Guy Ritchie dans Snatch et Arnaques, Crimes et Botanique,Vinnie Jones ). L'intérêt que porte notre héros pour cet homme se change vite en obsession. C'est le début de la fin.
Avant de voir ce film, et après avoir vu la bande-annonce, deux pensée m'apparurent : Premièrement que ce film serait assez prévisible dans ses plans et dialogues, et que l'ambiance serait absente. Mais bon, je ne porte qu'un intérêt médiocre pour les bande-annonces, tant elles peuvent déformer le film.
Et bien j'avais tort et raison à la fois.
Raison dans le sens que tout y est pratiquement prévisible, les plans, les réactions d'untel, les grimaces, les regards surfaits (particulièrement du tueur, le genre "je-me-retourne-et-te-lance-un-regard-scarface"). Trop de choses quand même. Alors, pour n'avoir pas lu le roman, je ne peux pas savoir si ces défauts proviennent du livre ou du film… Surtout que bon, déjà l'histoire en elle-même est très peu crédible (dans le sens où elle se déroule dans un contexte réel, je ne parle pas du fait de l'horreur ou des monstres, mais de ce qui est censé être normal). Bref, je ne peux pas en dire plus sous peine de vous en dévoiler de trop, mais bon..
Malgré tout j'avais tort en un point, et c'est là le problème des bandes-annonces. J'ai parlé d'ambiance absente, et je m'étais complètement trompé. Car même avec tout ces défauts auxquels je pensais sans arrêt durant le film, j'étais complètement dedans, les lieux, les plans, le rythme de narration, tout est au point pour être juste où il faut. C'est là le grand point fort du film.

Donc, pour résumer, ce film est plutôt réussi, dans l'ensemble. Au point par point, il l'est moins. Pour les amateurs du genre et autres esprits ouverts.

PS : Bizarrement je pensais que ce serait une des "grosses" avant-premières… La salle était à moitié vide. 5 euros la place, les Parisiens, vous attendez quoi ?!
 
Midnight Meat Train - ma note pour ce film :
Réalisé par Ryuhei Kitamura
Avec Bradley Cooper, Vinnie Jones, Brooke Shields, ...
Année de production : 2008
Retrospective Tsai Ming-Liang



Parmi les plus grandes joies que m'a procuré ce festival, la plus révélatrice est cette rétrospective Tsai Ming-Liang en coopération avec le Louvre. Certains ont eu l'occasion de le découvrir ou le redécouvrir au dernier festival de Cannes avec Laetitia Casta pour le film Visages. Certains connaissaient déjà ce grand réalisateur taiwanais, né en Malaisie. Je n'appartient pas à ceux-là, je le confesse. Et pourtant il fait partie de ce renouveau du cinéma asiatique, cette nouvelle génération qui apporte un regard lucide et étrange sur la vie, à la fois original et très commun.
Car qu'y a t-il de plus commun que l'histoire d'un individu qui, après une agression, se fait recueillir par un autre homme, puis se fait aimer par une femme. Puis, jalousie. (Pour prendre l'exemple de I don't want to sleep alone, l'un des films que j'ai eu la chance de voir durant cette rétrospective).
Mais quoi de plus original que cette vision de la vie, que ces plans fixes, muets, exprimant tellement, que ce néant de dialogues mais avec tant d'échanges pourtant.

CTV International

J'espère sincèrement que d'autres partiront à la découverte, je me plais même à penser que certains ont découvert cette œuvre poétique en même temps que moi, aux mêmes horaires… L'anonymat magique. Hélas le rêve s'écroule déjà à moitié, il ne m'a pas fallu plus d'une journée pour me rendre compte que les seules séances ayant attiré plus de 30 personnes étaient celles où la présence du réalisateur était annoncée.
Moi même j'ai assisté à l'un des films par hasard. Le premier que je suis allé voir, I don't want to sleep alone qui m'a littéralement bouleversé par sa poésie, sa lenteur, irritante au départ mais très vite, l'on se retrouve envoûté par cette sorte de monde sous-marin extérieur, où les choses sont calmes, se déroulent lentement mais sûrement sous nos yeux de spectateurs. Le mélange est aussi très fort, dans ce pays où les émigrants sont très nombreux, beaucoup de nationalités se côtoient, sans se demander qui vient d'où, sans parfois parler la même langue.
Les acteurs sont bien sûr dirigés à la perfection grâce à l'œil magique de Ming-Liang et à ses directives. Ils expriment parfaitement les émotions voulues, mais à leurs manières propres et non de façon "rédigée". Une ombre de sensualité dissimulée plane tout au long du film, le rythme de narration, très spécial aussi (sans ligne directrice apparente) permet sans arrêt d'imaginer les pensées et les actes non éclairés, dissimulés eux-aussi.




Diaphana Films

Le deuxième film de cet auteur dont j'ai envie de parler est Goodbye Dragon Inn, une ode au cinéma et à ses symboles. Particulièrement celui de la salle de cinéma, lieu où le temps n'existe plus, où tous se mélangent dans le noir pour partager un moment. Chacun est venu pour différentes raisons, chacun a sa façon de regarder, de s'asseoir. De vivre, finalement.
Le film est une sorte de rêve étrange, sur une salle qui parait vivre, le projectionniste la prétend hantée. L'est-elle vraiment ? Tout dépend de nous.


Voilà, j'ai dit l'essentiel de ce que j'avais à dire, nous reviendrons sûrement à ce réalisateur d'une manière plus précise, mais mon but de ce soir est de vous donner envie pour que vous puissiez formez votre vision à votre tour.

 
Tsai Ming-liang
Né le 27 Octobre 1957 à Kuching, Malaisie
Parution dans Madame Butterfly, Visage, Chacun son cinéma
Avant-premiere Public Ennemies
Aujourd'hui  nous allons parler d'un festival qui se déroule en ce moment à Paris (c'est-à-dire du 2 au 14 juillet), à l'initiative de l'estimé réalisateur Costa-Gavras et mis en œuvre pour la septième fois par la mairie de la capitale. Cette quinzaine n'a rien à voir avec les divers festivals internationaux, car bien qu'il ait des avant-premières, bien qu'il ait une compétition et un jury, bien qu'il fasse honneur à certains réalisateurs, celui-ci est destiné aux cinéphiles. C'est-à-dire nous. Vous.


Universal Pictures International France

Le film d'ouverture étant Public Ennemies, comment passer à coté ? comment ne pas vouloir participer à cette manifestation ? Et bien pourtant, ma première impression fut justement qu'il n'y avait pas tant de personnes que cela à participer. Je m'attendais à des queues interminables pour récupérer les invitations de cette avant-première en la présence des acteurs Johnny Depp et Marion Cotillard ainsi que du grand réalisateur Michael Mann (qui a fait, au passage, une masterclass à la Cinémathèque après la diffusion de Heat). Et bien non, pas de queues, personne, des invitations gratuites, dans la poche !
Nous voici donc le 2 juillet tant attendu, sur les Champs-Elysées et après avoir bravé la cohorte de retardataires sans invitations, de caméras et de journalistes toujours aussi agressifs, nous pénétrons enfin dans l'arène. Pour l'attente des gladiateurs, des jolies petits sacs en plastique Kayser remplis de sandwichs, macarons et autre bouteille d'eau..
Bref, il faisait chaud et l'attente fut un peu longue pour 5 minutes de "bonjour, bon film".
Le film en lui-même est très bien, comme la plupart des critiques le disent, c'est un film dont on parlera plus tard comme aujourd'hui nous parlons de Scarface, Blow…
Johnny est comme toujours irréprochable, ambitieux et dur, dirigé parfaitement par Mann, même si de temps en temps nous pouvons reconnaître quelques mimiques de l'acteur ce qui trouble un peu l'incarnation du personnage.
Marion, elle, est un peu bizarre. Peut-être car nous la connaissons comme française cependant son visage m'a parut "forcé" et un peu figé. Mais plus le film avance, plus ces légers détails s'évaporent.
Comme pour beaucoup de biopics, un petit reproche peut être fait au scénario: il écarte divers pans de la vie du concerné, en privilégie d'autres… Malgré cela je pense que Mann réussit son pari, autant pour l'ambiance de l'époque que pour le personnage de John Dillinger lui-même. L'on aperçoit même J. Hedgar Hoover (joué par Billy Crudup) à la création du FBI.
Sans parler du très bon Christian Bale, toujours autant de classe pour celui qui incarne le Golden Boy du FBI.

En deux mots : Allez-voir ce film, même si je suis sûr que vous ne m'avez pas attendu pour cela donc bon, rien de spécial à dire. Courez-y.

 
Public Enemies - ma note pour ce film :
Réalisé par Michael Mann
Avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard, ...
Année de production : 2009
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