
L'ayant raté à Cannes et constatant l'enthousiasme général qu'il y avait provoqué, je regrettais bien de devoir attendre sa sortie (16 septembre) pour pouvoir le commenter. Comme par miracle, une deuxième chance me fut offerte par le biais du Festival Paris cinéma (encore et toujours) que je m'empressais de saisir. C'est donc avec soulagement que j'allais à la séance très convoitée de l'un des deux prix du jury cannois 2009.
L'histoire, dramatique, est celle d'une ado de la banlieue anglaise qui est en perpétuel affrontement avec le reste du monde. À travers épreuves et déboires, elle apprend peu à peu la dureté de la vie dans ce monde cruel, où la vulgarité est monnaie courante chez les grands comme chez les petits, et où l'enfant, livré à lui-même n'a que la dureté pour se former, pour exister.
Le cinéma anglais nous a habitués au réalisme dur de l'adolescence avec des films comme Sweet Sixteen de Ken Loach ou This is England de Shane Meadows, qui nous montrent, chacun de manière aussi forte, l'épreuve qu'endure le jeune dans un tel système. Un sujet connu, certes, mais toujours aussi bien maîtrisé et avec autant d'intérêt.
En premier lieu, la réalisation très réussie Andréa Arnold qui retranscrit, à travers plans et angles, parfaitement l'état d'esprit qui inspire sûrement la jeune Mia, très bien incarnée par Katie Jarvis, qui a 15 ans et qui subit une crise l'attaquant en tout points. Ses amies, l'école, sa mère (Kierston Wareing), tout va mal. C'est alors qu'arrive Connor (le très bon Michael Fassbender que l'on a pu voir dans Hunger ou dans le prochain Quentin Tarantino, Inglourious Basterds), le copain de sa mère plus jeune qu'elle. Mia tombe sous le charme. Encore une fois, elle doit subir la rivalité avec sa mère, au tempérament très jeune. L'homme fait preuve de séduction envers Mia, ou du moins le croit-elle. À travers ça, la naïveté et l'espoir, la rivalité.
Alors une première réserve m'apparaît. Elle ne concerne pas les acteurs qui sont parfait, mais l'histoire. Cette jeune Mia semble presque persécutée par le destin, comme si une fatalité la manœuvrait. Cette impression m'a enlevé au goût de réalisme voulu par le film une certaine saveur.
Mis à part cela, la musique est très bien maîtrisée ce qui aide énormément à se laisser émouvoir par cette petite.
En bref, le réalisme dur et brut à l'anglaise sur l'adolescence, lucide mais un peu trop dramatique. Bien interprété et bien réalisé. Rien à redire









